lun. Avr 19th, 2021

France 24 suit depuis le début de l’épidémie le service de réanimation de la clinique de l’Estrée à Stains, en Seine-Saint-Denis. Malgré une pression plus forte qu’au printemps dernier, les soignants ne s’alarment pas d’un risque imminent de « tri » des patients pour accéder aux soins intensifs.

« Salut, ça va, t’as un p’tit lit pour nous? », lance l’ambulancier, qui pousse un brancard avec une patiente Covid-19 en provenance de l’hôpital de Montreuil. « Oui bien sûr, on en avait gardé un de caché juste pour vous! » réplique en plaisantant la médecin réanimatrice en charge du service réa de la clinique de l’Estrée à Stains.

L’allocation de ce précieux lit de réanimation, mercredi 31 mars, a bien sûr été organisée en amont. Mais la familiarité de l’échange entre les deux soignants traduit la fréquence accrue des transferts de personnes souffrant de détresse respiratoire entre différents établissements en région parisienne. Avec 1 532 patients Covid-19 en réanimation, l’Ile-de-France fait face à une troisième vague encore plus forte que le tsunami du printemps dernier. Au niveau national, le taux d’occupation des lits de réanimation approche les 90 %.

Avec l’aide de plusieurs infirmières, la patiente essoufflée est soulevée et posée sur un lit, où elle est aussitôt reconnectée à une source d’oxygène. Pendant ce temps, le service continue à tourner à plein régime. Une infirmière prend la température d’un homme sous ventilation non-invasive, dont le visage est recouvert d’un large masque à oxygène. D’autres soignants s’activent autour d’un malade intubé pour lui dégager les bronches avec un long tube souple équipé d’un mini-aspirateur. La fibroscopie bronchique, comme disent les médecins, est une tâche régulière indispensable pour ces malades plongés dans le coma, qui n’ont plus de réflexes de toux.

L’ambulancier et son binôme médecin urgentiste sont déjà en route pour le transfert d’un autre patient Covid-19 vers une providentielle place en réanimation. Ces deux soignants sont aux premières loges de la pénurie. Ils ont en tête une cartographie précise des établissements franciliens – ceux qui sont submergés et ceux qui disposent encore de lits de réa disponibles.

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