lun. Juil 26th, 2021

Dans la foulée des révélations autour du projet Pegasus, mené par un consortium de journaliste dont Radio France fait partie, et qui met au jour les pratiques de nombreux pays qui utilisent un logiciel espion pour cibler leurs propres concitoyens, ou des représentants d’États censément amis, le lanceur d’alerte Edward Snowden a confié ses craintes à David Pegg, journaliste au « Guardian ».

Un logiciel espion, utilisé par des États pour se renseigner sur des personnalités publiques dont des journalistes français : l’affaire, mondiale, est révélée par le consortium de journalistes Forbidden Stories, dont la cellule investigation de Radio France fait partie. Dans la foulée de ces révélations, le journaliste David Pegg, du Guardian, a interwiewé en exclusivité le lanceur d’alerte Edward Snowden lundi 19 juillet.

Comment avez-vous réagi en découvrant les informations révélées par le projet Pegasus ? C’est choquant de voir leur ampleur, quelque chose comme 50 000 numéros de téléphone dans autant de pays, une dizaine je crois, dont certains qui sont particulièrement agressifs. Prenez un pays comme le Mexique : il espionne des journalistes, des membres du gouvernement, des figures de l’opposition, des militants des droits de l’homme… C’est terrible. Pour moi, cela pose question. Je suspecte depuis longtemps, bien sûr, qu’on abuse de ces capacités de surveillance. On l’a vu en 2013. Mais c’était uniquement du fait de gouvernements en interne, avec des pressions sur des entreprises commerciales. Ils avaient une forme de légitimité, de légalité, avec des procédures. Ce n’était pas suffisant, il y avait des défauts, mais il y avait quelque chose. Ce que le Projet Pegasus révèle, c’est que le groupe NSO représente un nouveau marché du malware, un business qui génère des profits.

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